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Présent dans le groupe du numéro de planche coréenne lors du spectacle des lauréats, le quadragénaire a sans doute pris part au dernier spectacle de sa carrière, sous le chapiteau de Piste d’Azur ce lundi 16 mai au soir. Quatre de ses anciens partenaires nous racontent leur Olivou.

 Il l’avait annoncé en septembre dernier. Olivier Moerschel quitte la piste après ce dernier spectacle des lauréats à l’occasion du 12ème festival de la Piste au Soleil de l’école de cirque Piste d’Azur. Une école où il aura passé l’intégralité de sa carrière et caressé quelques étoiles de monde circassien. Il y avait donc forcément beaucoup d’émotion au moment de l’entré en piste de cet artiste de quarante ans. Et de l’émotion, il y en a eu aussi surtout pour sa sortie. Une sortie par la grande porte. Un ultime cadeau ? Une façon de lui rendre hommage devant son public après dix ans de bons et loyaux services ? Ça y ressemble.

 « Son cœur est bleu et jaune »

 Patricia Hotzinger (directeur déléguée à l’école de loisir) : « Quand il a débarqué ici il y a dix ans, il a directement tout donné de sa personne. Son arrivée a apporté une parenthèse de fraicheur et d’enthousiasme qui a bousculé tout le monde et fait beaucoup de bien. Je me souviens qu’à un moment où c’était financièrement difficile  pour l’école, il a proposé de continuer à donner les cours gratuitement. Le cœur d’Olive est bleu et jaune. Je ne suis pas surprise de l’entendre dire qu’il ne portera pas les couleurs d’une autre école. Il aura joué dix ans ici. Je ne vois pas beaucoup d’autres artistes qui ont fait une aussi longue carrière sous les couleurs d’une seule école. »

 « Il y aura toujours cette image à la Piste Au Soleil 2007 »

 Alexandra Puech (ancienne élève, toujours très active pour l’école) : « Olive, c’était un phénomène. Il était très précieux pour la bonne ambiance du groupe, c’était le premier à faire une blague, mais aussi le premier quand il s’agissait de faire une parade pour assurer les copains. Et évidemment, le premier pour faire la fête après le show. Quand on évoque Olive, il y a toujours cette image de la Piste au Soleil 2007 qui traîne. C’est vrai que c’était la tradition de sortir après les shows, on était rentrés très tard ce soir-là, et pour le show du lendemain soir, il n'allait pas beaucoup mieux. Il est tombé au moins 8 fois du monocycle pendant le numéro. On aurait pu lui en vouloir, parce-que c’est le genre d’erreur individuelle qui fait mal au collectif, mais le groupe était si soudé qu’on a oublié ça très vite. C’était une erreur qu’il n’a jamais rééditée. On aurait juste préféré qu’il la commette ailleurs qu’à la Piste Au Soleil, quoi ! (Rires.) »

 « Pour moi, il y avait Olivou et Clemou »

 Clément Fodella (élève à l’école de loisir) : « C’est typiquement le genre de mec qui sait tout faire sur la piste. Jonglerie, portées, monocycle, c’est évidemment sur la planche qu’il se régalait le plus. À un moment, j’ai entendu dire que s’il se mettait en retrait à certains moments par rapport à ses partenaires, c’est parce qu’il avait la trouille. Quelle connerie ! Au contraire, c’est parce qu’il savait mieux que quiconque ce que chacun était capable de faire, et qu’il pensait à lui en dernier. C’était le groupe avant tout. Il a seize ans de plus que moi mais j’ai vécu avec lui, parmi mes plus beaux souvenirs de piste. À chaque fois que l’on se voit, on a notre poignée de main bien à nous. C’est spécial. Pour moi, il y avait Olivou et Clemou. Ça va beaucoup me manquer de ne plus le voir à mes côtés sous les projecteurs, et surtout, de ne plus tutoyer les cieux sur la planche, en slip. »

 « Il est et restera mon mentor, mon sauveur, mon ami avant tout »

 Kevin Bargis (ancien trésorier de Piste d’Azur, sociétaire, bénévole et partenaire de planche) : « Je suis fier d’avoir pu évoluer à ses côtés. On a eu de très bons moments que ce soit à l’entraînement, en spectacle, ou même à l’extérieur de l’école. On a quand même bâti de nos mains et à la sueur de nos fronts une planche ensemble... Et comment oublier cette fois à l‘entraînement où il m'a sauvé ? J’allais tomber de bien deux mètres cinquante de haut directement sur l’épaule mais il s’est interposé sans réfléchir et personne n’a rien eu. C'était naturel chez lui de se battre pour les copains. Quand on sautait avec lui, on savait qu'on pouvait y aller sans crainte, jamais il ne nous aurait laissé tomber. Il est et restera mon mentor, mon sauveur, mon ami avant tout ».

La Rédaction