Maria Del Mar Reyes élue meilleure monteuse du Cirque La compagnie
Eurre, Drôme (26) – Bien que le festival pour célébrer les 10 ans du Cirque La compagnie ait plutôt été un succès, c’est une toute autre histoire qui a marqué l’événement. Et pour cause : c’est Maria Del Mar Reyes, qui a remporté le titre de meilleure monteuse, à la surprise générale. Une distinction convoitée. Récit.
Tous les regards étaient évidements rivés sur Hugo Ragetly, lauréat du titre à quatre reprises consécutives. Dire qu’il était attendu relève de l’euphémisme. Figure emblématique de la scène circassienne, il connait aussi trop bien les règles qui accompagnent le succès. « Oui je me suis sans doute vu un peu trop beau. On me parlait du titre avant même que je n’arrive sur le chantier. Je sens que j’ai aidé, j’étais là, mais pas à l’heure. À force, on peut en oublier les fondamentaux. Aujourd’hui, je suis content pour Mar », commente-t-il, souriant.
De son côté, la native de Murcia se veut surprise, mais aussi enthousiaste d’être la première femme que le jury récompense de ce prix. Elle s’exprime dans une conférence de presse organisée au Gymnase Chareyre, à Crest : « ¡Qué sorpresa! Je ne m’attendais pas à ça, je ne m’attendais à rien en fait, j’y allais juste pour aider ! Nico (Nicolas Provot, co-directeur du Cirque La compagnie, NDLR) m’a appelé la veille, ils étaient en galère d’effectif, quelqu’un s’était désisté, je n’avais rien ce jour-là, j’ai dit oui avec plaisir, c’est tout. Je n’étais même pas prévue à la base » confie-t-elle dans un éclat de rire.
Des qualités naturelles
« Mar » n’a cessé de se montrer volontaire, intéressée et enthousiaste tout au long de la journée, le tout avec une note de discrétion, une qualité étonnamment essentielle dans ce milieu, ce que confirme justement Nicolas : « qu’on se le dise, la plupart du temps, les gens qu'on a pour nous aider, c’est des gars avec des muscles, et qui veulent montrer qu’ils savent monter des chapiteaux en prenant trop d’initiatives. Les muscles, ça peut être utile à certains moments c’est vrai, mais pour le reste, c’est tout l’inverse » ironise-t-il.
Baptiste, que l’on peut observer au volant du Manitou toute la journée, dirige officieusement les montages et les démontages au sein de la compagnie. Sa position de conducteur du chariot élévateur lui offre beaucoup de recul sur le chantier. « L’archétype d’une bonne monteuse, d’un bon monteur, c’est d’abord une vraie écoute. De l’humilité, de la curiosité, mais surtout, surtout de l’enthousiasme. On en a vu des gaillards de 95 kg qui n’avaient pas envie, et des filles de 45 capables de soulever des montagnes juste parce qu’elles avaient la flamme. Ça, je pense pas me tromper si je le dis au nom du Cirque La compagnie, et même peut-être au nom du Cirque tout court » lâche-t-il avant de remonter rapidement dans la machine.
Alors que Titoune, présidente du Jury, remet la palme à Maria sous les applaudissements, c’est avec un esprit de camaraderie et de fraternité que la soirée se conclut. Hugo a d’ailleurs été aperçu en train de porter plusieurs verres à la main, probablement pour trinquer à la victoire de sa partenaire, avec qui il tient un duo remarquable, tant sur scène que derrière les coulisses. « L’année prochaine ? On verra ! Avec Mar on a beaucoup de confiance, ça pourrait être un petit jeu entre nous mais ça ne changera jamais notre relation. En attendant, que ce soit elle ou moi, le trophée, il retourne à la maison ce soir ! Ahahah ! ¡Es maravillosa la confianza ! » conclue-t-il dans un clin d’œil.
La Rédaction








