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Mûr en brique rouge, espace couchette en bois et bien au frais, Chicky nous reçoit dans le poulailler fait maison du très joli village d’Auribeau-sur-Siagne. Dans son majestueux plumage roux de poule pondeuse, elle nous invite à nous asseoir sur de la paille posée ici pour l’occasion. L’ambiance est tout de suite décontractée.

 

Chicky, vous êtes une des premières poules à être vraiment active sur le réseau social, comment cela est-il arrivé ?

 Depuis l’épisode terrible de l’attaque de Foxy sur Dovy et Galinette, j’ai senti qu’il fallait qu’une voix s’élève et que l’on commence à nous considérer en tant qu’animal véritable et attachant. On en a gros car les gens nous considèrent seulement comme une usine à œufs alors qu’il y a quand même un cœur qui bat derrière tout ça.

 

Justement, comment avez-vous géré cette attaque, puis la disparition de vos homologues ?

 En tant que poule, on sait très bien qu’on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête vis-à-vis des renards. On savait Foxy très actif dans le secteur depuis quelques mois. Par chance, j’ai pu me réfugier sous un tas de bois et de feuille, terrifiée. Les autres n’ont pas eu autant de chances, ça aurait pu être moi à leur place. On s’habitue à leur absence, mais on n’oublie pas. Même si aujourd’hui la menace existe toujours, on doit continuer de vivre, on ne cède pas à la terreur.

 

Quelles sont vos relations avec les nouvelles arrivantes, Ingrid et Gwendoline ?

 Au début ça n’était pas simple. Elles ont mis du temps à s’acclimater, ce qui est normal. Je reconnais que j’aurais pu faciliter leur intégration, je n’ai pas toujours été tendre. Elles ont passé les premières nuits dehors. J’ai pu lire ici et là que c’était à cause de leur couleur de plume (elles sont noirs, NDLR), c’est une pure invention des médias qui ont voulu nous désunir. J’étais encore sous le choc par rapport à Dovy et Galinette, j’ai vécu une période difficile mais je dois beaucoup à Ingrid et Gwendo qui m’ont soutenu énormément, ce sont deux poulettes en or !

 

Les rumeurs de tension, c’était de l’intox ?

 Nous avons quelques désaccords mineurs comme sur le fait d’aller manger dans le potager du jardin, ou sur le fait d’avoir peur des chiens, ce qui selon moi appartient au passé. Mais globalement, tout se passe vraiment à merveille.

 

Selon l’expression humaine, « être une poule mouillée » signifie être peureux, vous confirmez ?

 Là encore, ce n’est que calomnie ! C’est une idée reçue de penser que quand on a été surprise par la pluie, on se tient à l'écart, sans remuer, comme dans une espèce de honte et d'abattement. Non vraiment, il n’en est rien.

 

Vous dormez vraiment perchées ?

 Ça en revanche, c’est vrai. Pourtant on a tout ce qu’il faut pour passer des bonnes nuits dans la paille, mais non. Avant que vous ne me le demandiez, « se coucher à l’heure des poules », c’est vrai aussi. Dès qu’il fait nuit, fini pour nous. On est plutôt du matin, c’est clair.

 

Que faites-vous pour garder la forme ?

 Tous les jours, on a un petit créneau où on apprend à voler, on dépense pas mal de calories mine de rien. Sinon, on surveille scrupuleusement notre alimentation, beaucoup de légumes, des graines et quelques vers pour les protéines, quand on en trouve.

 

Sur une échelle de 1 à 10, où vous situeriez vous sur l’échelle du bonheur ?

 (Rires). Ce n’est pas banal comme question ! Mais intéressant. Je crois que je dirais… Un bon 9/10 au vu de nos conditions de vie actuelles.

 

Que manque-t-il pour arriver à 10 ?

Hmm (elle hésite)… Peut-être… Un coq ! (éclat de rire)

 

La Rédaction.